Chapitre 9 : Nos choix, nos décisions : s’accepter !

22 Mar 2020

Les quatre dernières semaines avant ce rendez-vous du 21 Février 2020 ont été intenses. Des éléments annonciateurs, des incidents déclencheurs…, surtout, des instants qui m’ont permis de réfléchir sur mon souhait de continuer dans ce poste, sur le site des Glières ! Ma position, la formation, les attentes de mes supérieurs, tellement de points prouvant tant bien que mal que je ne suis plus aujourd’hui à ma place ici ! Du moins, c’est ce que je crois… J’y croyais, j’y ai cru, mais, dans des moments comme ces dernières semaines, une réflexion se posait : ai-je bien fait ? N’était-ce pas trop tôt ? N’aurais-je pas dû continuer ma formation sur le terrain avec mon ancien directeur de centre? Ai-je bien fait ceci ? Ou encore cela ? Une remise en question quasi-quotidienne qui semble normale à la vue des responsabilités. Mais, ai-je bien fait de m’engager dans plein de choses en même temps ? …

Le problème des remises en questions, ce sont les questions que l’on se pose. Elles sont nombreuses, toujours en train de trotter dans notre tête. Mais, à la fin, quelle réponse choisir ? Que faire ? Ma Sclérose, j’en ai tellement marre que je ne la nomme même plus complètement. La fatigue, le stress et toutes ces questions qui depuis cinq années trottent dans ma tête, je dis STOP. Stop à tout ça, stop au nœud de cerveau, il faut dans la vie savoir s’arrêter. La vie est longue, il faut en profiter et profiter de faire ce que l’on aime faire. Aujourd’hui, je veux prendre le temps pour cela.

Le travail, c’est faire ce que l’on a envie de faire pour gagner sa vie, pour payer ses impôts, se payer à manger, une voiture, une maison…. Mais aujourd’hui, quand on a une sclérose, il y a des choses qu’on ne peut plus faire, du moins, que l’on nous bloque, que l’on nous retire ! Maintenant, c’est pour ça que je veux me battre. La sclérose, on l’a, il faut apprendre à vivre avec et comme à chaque fois que j’échange avec quelqu’un sur cette dernière, je dis « profitez de la vie » ,  » la vie est courte et l’on doit profiter de chaque instant », « il faut continuer de faire ce que l’on aime sans subir » , « aimer, vivre et s’épanouir, ça ne s’apprend pas, ça ce vit ! « . Voilà, je pense que vous avez compris ma philosophie du moment, je pense être clair avec les personnes ayant ce handicap, cette maladie, maintenant, à moi d’appliquer mes propres remarques, les propres phrases que j’emploie pour vous faire comprendre que la vie vaut la peine d’être vécue et non d’être subie. Aujourd’hui, à moi de me prendre en main, et ça commence par quelques petits changements dans ma vie actuelle.

Voici les résolutions que j’ai prises avant mon rendez-vous avec mes supérieurs du 21 Février :

  • Je vais exposer mon raz le bol …
  • Si ma proposition de poste au siège social est acceptée, j’accepterai un poste uniquement dans le même secteur d’activité qu’à ce jour
  • Cet hiver sera le dernier hiver aux Glières ? , sur cette dernière, je mets un bémol car c’est de loger aux Glières dont je parle …

On est samedi et j’ai rencontré mes supérieurs hier ! De bonnes et de moins bonnes nouvelles sont tombées….

Une remise en question totale est affichée devant moi lorsque l’on commence à échanger ! Pourquoi ? Que souhaites-tu faire ? Que vas-tu faire ? Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Tellement de questions qui peuvent te faire perdre la tête, surtout quand tu es fatigué. Je vous passe toutes les discussions que nous avons pu avoir durant ce rendez-vous de près de deux heures. Ce qu’il en ressort, c’est quoi ?

  • Que la FOL74 s’engage et accompagne ses salariés porteurs de handicap
  • Que ce rendez-vous aurait pu finir par : « Je n’ai plus de travail ! »
  • Que pour le moment je suis encore présent sur le Plateau des Glières et reste le responsable du site des Glières pour la FOL 74.
  • Que je prends des congés pour me reposer et réfléchir à la situation et le chemin que je souhaite prendre par la suite !
  • Qu’en Mai 2020, nous referons un point pour voir ma décision… Décision qui sera active au 1er Septembre 2020 !

Des propositions m’ont été faites, et pour le moment, on regarde pour loger à l’extérieur de mon lieu de travail pour pouvoir décompresser et sortir à certains moments de ce lieu qui peut être très prenant … Ensuite, on verra… Pas simple au bout de quelques années ici de faire un choix !?! Cette saison aura encore été mouvementée par plein de choses !

Réflexion à avoir dès que vous souhaitez quitter un travail :

 » Je finis un livre, je veux en commencer un nouveau. Mais, quel livre prendre ? Vais-je l’aimer ? Quelle histoire va-t-il raconter ? « 

Alors, pourquoi ne pas trouver des arrangements avec ses supérieurs pour garder son poste ???

Du coup, ma réflexion change, mon avis change, mais, mes supérieurs restent toujours disponibles pour que je ne fasse pas de bêtises et pour que je reste à mon poste… Et pour cette même raison, je les en remercie !

Aussi je regarde les plannings de travail, les modifie, et je trouve, je pense trouver une solution… Maintenant, si je veux rester ici, à ce poste, il faudrait que nous trouvions un logement sur Thorens-Glières ou aux alentours… Ce qui n’est pas forcément très simple… Le budget est très bas , nous avons pour le moment 190 000€ au maximum. A ce prix là, que l’on soit bien d’accord, rien sur le marché sur les environs de Thorens. Nous visitons donc des logements sur Rumilly (environ 53km du Plateau des Glières). On réfléchit donc à tout ! Si nous habitons vers Rumilly, cela veut dire qu’il nous faut un deuxième véhicule. Mais en même temps , pour le crédit immobilier nous rentrons dans le budget. Si nous logeons sur Thorens pas besoin de second véhicule mais le budget immobilier doit être plus conséquent ! La réponse est peut-être sur un appartement à Seynod (34km du Plateau des Glières) . Je pense quand même que loger à l’extérieur peut être pas mal pour continuer à travailler au Plateau des Glières ! Nous trouvons 2 appartements sur Thorens que nous visitons. Un seul retient notre attention mais le vendeur en veut 210 000€, pas facile budgétairement parlant….

Il faudrait que j’en reparle à mes supérieurs. Peut-être ai-je la possibilité de « profiter » d’un véhicule de service pour aller au travail ? Peut-être q’une solution existe mais dont je ne suis pas au courant pour le moment ?…

Ou tout simplement, faut-il que je travaille ailleurs en attendant un poste qui pourrait me plaire au siège social de la FOL74 ? Zut, une nouvelle question ….

Après une petite journée à rester au lit, la réflexion évolue ! Rester ici est mon premier choix. Mon second choix est la rupture de contrat …. Avec du repos et beaucoup de sommeil tous les nœuds se retirent et les réflexions peuvent reprendre.

Alors, je pense que dans le futur échange avec mes supérieurs la demande sera celle-ci : habiter à l’extérieur pour pouvoir faire un vrai mi-temps !

Le travail reprend, les aléas des journées reprennent et là, le Covid-19 bat son plaint … Nous devons agir ! Les problèmes personnels vont être mis de côté pour gérer les priorités, et elles sont nombreuses. …

Jour 3 du confinement… Pour nous, c’est facile, on est au milieu de nulle part et ça, ça n’a pas de prix ! On vivote, on réfléchit, on travaille de la maison… C’est reposant, mais des questions se posent quand même … Quand vais-je pouvoir reprendre le travail ? Comment allons-nous faire pour la reprise ?

Personnellement, je n’ai pas hâte d’y être car ça pas être simple encore cette histoire …

La suite au chapitre 10 . A bientôt les amis …

© Ludovic CLAVAUD 2020 – Relu par Yvan